Il existe un apprentissage dont on parle peu.
Un art si discret qu’il passe souvent inaperçu.
L’art d’écouter.
Nous apprenons à marcher.
À parler.
À lire les mots des autres.
À comprendre le monde.
À répondre.
Toujours répondre.
Aux questions.
Aux attentes.
Aux regards.
Aux certitudes.
Nous devenons parfois si habiles à répondre,
que nous oublions lentement d’écouter.
Car l’écoute ne s’impose jamais.
Elle naît lorsque le silence retrouve sa place.
Le bruit, lui, s’installe.
Le bruit des opinions.
Le bruit des conseils.
Le bruit des peurs.
Le bruit de ce qu’il faudrait être, penser, réussir, devenir.
Et, sous ce vacarme, une voix devient un murmure.
Il ne crie jamais.
Il n’argumente pas.
Il ne cherche ni à convaincre, ni à avoir raison.
Il attend.
Avec une infinie patience.
Comme une source cachée sous la mousse d’une forêt ancienne.
Comme une étoile que le soleil du jour rend invisible, sans jamais l’éteindre.
Cette voix connaît déjà les chemins que nous cherchons encore.
Elle ne répond pas à toutes les questions.
Elle en révèle de plus grandes.
Elle ne nous dit pas quoi penser.
Elle nous invite à retrouver le silence.
Car c’est dans le silence que la voix des âmes devient audible.
Peut-être est-ce cela, s’éveiller…
Non pas accumuler toujours plus de réponses.
Mais affiner, jour après jour, la qualité de notre écoute.
Écouter ce qui murmure en nous.
Écouter ce qui murmure en l’autre.
Écouter ce que la Vie dépose, discrètement, sur notre chemin.
Jusqu’à reconnaître que la Vie ne cesse de nous parler.
À travers une rencontre.
Un silence.
Une émotion.
Une joie inexplicable.
Une résistance.
Un élan.
Une œuvre qui appelle.
Une main tendue.
Un regard.
Ou parfois…
à travers cette évidence si douce qu’elle ne ressemble à rien d’extraordinaire.
Simplement…
en nous traversant.
Car il est un paradoxe merveilleux
Nous passons souvent une vie entière à chercher, de toutes nos forces, notre place dans le monde.
Alors que le monde attend peut-être simplement que nous retrouvions d’abord la nôtre…
en nous…
Un jour, sans bruit.
Sans effort.
Sans prouver.
Sans forcer.
Nous cessons alors de répondre au monde.
Et nous découvrons, émerveillés…
que quelque chose, en nous,
répondait depuis toujours.
Il attendait simplement…
que nous retrouvions le silence.
Pour que nous apprenions enfin…
à écouter notre propre voix.
Séraphine
Messagère de l’âme.
Tisseuse de liens entre les mondes.

